Colloque SOS éducation
Bravant une météo ultra réfrigérante, plus de 200 personnes n’ont pas hésité à se presser de bon matin pour participer à notre colloque du 8 février 2012 intitulé : « Vaincre l’illettrisme, ça commence au CP ».
Les différents orateurs, théoriciens, praticiens, parents, délégués d’association ont tour à tour fait part des fruits de leur travail ou de leurs expériences avec bonne humeur et conviction.
Une excellente synergie s’est opérée entre toutes ces personnes et un public varié, les questions posées démontrant l’intérêt soutenu des participants, comme leur courtoisie.
La journée ayant été très fructueuse, tous se sont promis de maintenir les liens créés et de continuer à travailler ensemble pour obtenir la nécessaire éradication de l’illettrisme par des moyens appropriés.
Un grand merci à tous, sans vous ce colloque n'aurait pu être un succès.
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Les intervenants

Françoise Cousin est orthophoniste à Paris.
En 32 ans d’exercice, elle a suivi des centaines d’enfants. Sa pratique lui donne un recul que peu de cliniciens s’autorisent à avoir. Quels que soient les problèmes pour lesquels ils viennent la voir, beaucoup d’enfants auraient pu se passer de rééducation si on leur avait appris dès le CP à véritablement décoder. Elle l’observe tous les jours en reprenant les bases avec eux.
Rachida Dati, ancien garde des Sceaux, est aujourd’hui député européen et maire du VIIème arrondissement de Paris.
Mère d’une petite fille qui vient d’entrer à l’école, elle a lancé, à la mairie, le premier salon du livre des tout-petits et de la jeunesse, en 2010. Elle s’est battue aux côtés du collège-lycée Sainte-Jeanne-Elisabeth pour que cet établissement de l’arrondissement obtienne le label « Internat d’excellence ».
Nelly Daviau est la mère de Valentine dont la scolarité est, depuis des années, un véritable parcours du combattant. Les dictées autant que les prises de notes sont un calvaire. En classe, elle est très agitée et régulièrement punie. Valentine va être soutenue par une orthophoniste pendant tout son primaire.
Cela ne suffira pas.
Brigitte Etienne est orthophoniste depuis 35 ans et exerce en milieu rural.
Elle voit de plus en plus d’élèves souffrant de difficultés sévères en lecture et en écriture. Enseignante à l’école d’orthophonie de l’Université de Tours. Elle va diriger trois recherches dans des écoles primaires auprès d’élèves ayant appris à lire avec différentes méthodes. Ces recherches sont les seules études réalisées en France sur le sujet.
Anne-Marie Gaignard a fait partie, toute sa scolarité, de ces élèves stigmatisés par une mauvaise orthographe. Diagnostiquée dyslexique, ce n’est qu’à 36 ans qu’elle se rend compte que ce n’est pas son cerveau qui est en cause mais la façon dont elle a appris à lire et à écrire.
En 2010, elle a fondé l’association Plus Jamais Zéro pour venir en aide aux enfants en très grande difficulté scolaire.
Elle est l’auteur de :
Hugo et les Rois volumes 1,2 et 3, Le Robert, 2003-2004 ; Grammaticus, Éditions Duteil, 2009-2010 Coaching orthographique, 9 défis pour écrire sans faute, Éditions de Boeck Duculot , 2010
Brigitte Guigui est institutrice depuis plus de 30 ans.
Elle partage son expérience et son savoir-faire en vidéo sur internet, lors de conférences au sein de l’association Trans-Maître dont elle est un des membres actifs et maintenant comme porte-parole du collectif Permis de Lire. « Le cœur de notre métier d’instituteur, c’est l’écriture ».
Claude Huguenin est psychopédagogue.
Depuis plus de 20 ans, dans son cabinet de Genève, elle suit des enfants souffrant de troubles de l’apprentissage, ou, parfois, de simples blocages en lecture. Aussi, a-t-elle imaginé une bande dessinée où les lettres sont incarnées par de petits personnages. L’enfant découvre ainsi progressivement les lettres, leur son et leur forme.
Sonia Imloul connaît bien Saint-Denis pour y avoir grandi. Elle crée en 2004, Respect 93.
Cette association se consacre aux enfants de 6 à 17 ans en grande difficulté scolaire dans les quartiers les plus sensibles de Saint-Denis. Son objectif est de responsabiliser ces familles que ni l’école, ni les services sociaux ne sont, jusque-là, parvenus à mobiliser.
Sonia Imloul a publié en 2008 "Enfants bandits ? La violence des 3-13 ans dans les banlieues" aux éditions Panama.
Rhona Johnston est professeur de psychologie à l’Université de Hull. Ses travaux ont révolutionné l’apprentissage de la lecture en Angleterre Entre 1997 et 2004, elle suit trois cents enfants dans les zones défavorisées du Clackmannanshire. Les résultats de sa recherche sont sans appel : ceux ayant appris à lire avec les méthodes syllabiques ont trois à quatre années d’avance sur ceux qui ont appris avec des méthodes globales ou mixtes. Depuis cette publication, les gouvernements successifs, travaillistes comme conservateurs, s’emploient à convertir chaque enseignant à la méthode syllabique.

Valérie Lemaitre-Coevoet est enseignante en maternelle et en primaire depuis 20 ans.
Elle est issue d’une famille qui a largement contribué à renforcer les rangs de l’Éducation nationale. Son parcours personnel l’amène à réfléchir à ces questions d’apprentissage de la lecture et de l’écriture.
En effet, son fils est diagnostiqué dyspraxique et sa fille souffre de troubles spatio-visuels.
Andreï Makine né en Sibérie, a toujours écrit en français. Il fait partie de nos plus grands écrivains. Pour Le Testament français, roman publié en 1995, il reçoit le prix Goncourt, le prix Goncourt des lycéens et le prix Médicis. Andreï Makine est un amoureux de notre langue, un très grand observateur de la France et des Français. « Cette langue [le français] s’imposait car elle avait été ciselée par d’immenses écrivains qui avaient sculpté leurs œuvres dans sa substance vivante tout en profilant, affinant, ennoblissant cette substance par leur génie. Pouchkine aimait cette langue de l’Europe non pas pour ses gracieusetés verbales mais pour l’énergie, l’audace et l’élégance avec lesquelles le français abordait l’univers des hommes. » Extrait de Cette France qu’on oublie d’aimer, 2006

Elizabeth Nonweiler est une « convertie ». Pendant 30 ans, elle a enseigné la lecture en Angleterre avec des méthodes mixtes. En testant par hasard la méthode syllabique, elle découvre que tous les enfants peuvent apprendre à lire, même ceux issus des milieux les plus défavorisés.
Devenue une véritable ambassadrice de la méthode syllabique, elle n’hésite pas à parcourir le monde entier pour former les enseignants anglophones, où qu’ils soient.
Frédéric Prat est président de l’association Lire-Écrire qui réalise un important travail d’information auprès du grand public et de conseil auprès des parents.
Ingénieur de formation, Frédéric Prat a enseigné pendant plusieurs années la physique-chimie au collège, au lycée, ainsi qu’à l’université. Au début des années 2000, il décide de rejoindre le milieu associatif. Il travaille aujourd’hui dans les quartiers populaires de Marseille avec des élèves de collège comme responsable pédagogique de l’association Massabielle.
Frank Ramus est directeur de recherches au CNRS, au Laboratoire de Sciences Cognitives et Psycholinguistiques. Depuis plusieurs années, ses recherches portent en particulier sur les origines de la dyslexie.
Ses derniers travaux analysent le rôle que jouerait une anomalie du cortex auditif dans les trois principales manifestations de la dyslexie. Franck Ramus tient un blog dans lequel il aborde régulièrement les questions d’apprentissage de la lecture.
Marc-Olivier Sephiha a fait du théâtre pendant dix ans avant de devenir professeur de français. Il exerce depuis cinq ans, dans un collège classé en zone prévention violence. Tellement surpris par la pauvreté de la langue de ses élèves, il leur fait passer un test. « 95% de mes élèves font des fautes de sons ». Il met en place des ateliers de remédiation : pendant 20 heures, il revient sur les bases et en particulier sur l’identification correcte des sons. Il est l’un des porte-parole du collectif Permis de lire et auteur de l’étude Dysorthographies au collège
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Joseph Vaillé ingénieur agronome de formation, se consacre depuis plus de douze ans exclusivement à l'aide aux personnes en difficulté d'apprentissage, enfants comme adultes.
Joseph Vaillé rencontre des jeunes cadres diplômés qui n’arrivent pas à identifier les points importants d’un texte. Ils n’ont pas appris à penser de manière autonome. Il est l’auteur de Violence, illettrisme : la faute à l’école, paru en 2001 aux Éditions de Paris et de La destruction programmée de la pensée : comment résister, paru en 2007 aux Éditions Godefroy de Bouillon.

















